Non au Plan régional déchets qui nous fait payer pour être empoisonnés !

Le Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets (PRPGD) de Provence Alpes Côte d’Azur, présenté à l’enquête publique jusqu’au 19 avril, a pour objectif essentiel non pas de permettre la valorisation matière, par recyclage et compostage de nos déchets, mais d‘utiliser au maximum les capacités d’incinération, au lieu de les diminuer.

1/ Une « optimisation » que nous allons payer 

Si la valorisation matière atteindra en 2031 la moyenne nationale actuelle, la réduction de la quantité de déchets ménagers incinérés, sera compensée par l’incinération de déchets …

Car l’objectif est « d’optimiser les capacités d’incinération » en faisant brûler une part des déchets industriels à la place des déchets des ménages dans les incinérateurs existants financés par les contribuables  !!

  Déchets ménagers Déchets des activités économiques Total par traitement
En millions de tonnes 2015 2031 Variation 2015 2031 Variation 2015 2031
Valorisation matière 0,930 1,218 +27 % 1,300 2,060 +58 % 2,230 3,278
Incinération 1,220 0,850 -30 % 0,140 0,520 +273 % 1,360 1,370
Stockage 1,024 0,210 -80 % 0,530 0,470 -10 % 1,554 0,680
Total 3,200 2,280 -29 % 2,680 3,080 +15 %    

Or, si les industriels utilisent si peu l’incinération actuellement, c’est parce qu’elle leur coûte trop cher … et si on veut les amener à brûler leurs déchets, il faudra leur offrir des coûts équivalents aux coûts pratiqués actuellement pour traiter les déchets des activités économiques, soit des coûts bien inférieurs au coût de l’incinération.

Dès lors les gestionnaires d’incinérateurs, au lieu de réduire au fur et à mesure les capacités d’incinération, réduisant ainsi la pollution rejetée par les cheminées et les déchets solides toxiques ,

seront amenés à ne faire payer aux entreprises au plus que les coûts de fonctionnement de l’incinérateur afin de les attirer vers ce traitement. En effet, demander aux entreprises de payer une part d’investissement ne serait pas attractif.

Ainsi, les habitants, après avoir payé l’installation, continueront à en recevoir les retombées toxiques provenant des déchets industriels

Pour un bon plan, il faut donc réduire les capacités d’incinération de 360000 tonnes et non pas faire payer la population pour brûler les déchets industriels !

2/ Des déchets dangereux incinérés

Si la volonté de capter 100 % des déchets dangereux est louable, qu’un effort important est effectué sur la valorisation matière et la valorisation organique, on peut être étonné que les traitements biologiques et physico-chimique ne soient pas plus développés, aux dépends de l’incinération.

  Déchets dangereux
  En milliers de tonnes 2015 2031 Variation
0 Évitement Non pris en compte  
1 Valorisation organique 54 139 +157 %
2 Valorisation matière 114 294 +158 %
3 Traitement biologique 11 11 +0 %
4 Traitement physico-chimique 105 92 -8 %
5 Stockage 72 66 -7 %
6 Incinération valorisée 55 142 +158 %
7 Incinération non valorisée 63 58 -8 %
  Total 490 800 +67%
    Captage : 60 % Captage:100 %

Or la plupart de ces traitements sont effectués dans une même usine, à un prix d’incinération supérieur à ceux des traitements biologiques et physico-chimique. Aussi la tentation est grande, pour le gestionnaire de l’usine, de faire passer par les fours d’incinération la plupart des produits apportés par les entreprises.

Pour bien traiter les déchets dangereux, il faut établir pour chaque catégorie de déchets, selon l’échelle du tableau ci-dessus, la technique de traitement la moins nocive.

Jean Reynaud

Docteur d’Université Ecobordilloloque*

Thése : « Le traitement des déchets à l’épreuve du développement durable

* étude des déchets dans une perspective de développement durable

Si vous soutenez cette position, je vous invite à envoyer par voie numérique à l’adresse planregionaldechets@maregionsud.fr  le texte suivant :

N’acceptant pas « d’optimiser les capacités d’incinération », ce qui m’amènera à continuer de payer pour l’incinération et à être pollué par ses rejets toxiques, je demande que le Plan soit revu pour :

– réduire la capacité totale d’incinération de 1.360.000 tonnes/an à 850.000 tonnes/an
– déterminer, et d’imposer, pour chaque catégorie de déchets dangereux la filière la moins nocive, l’incinération, valorisée ou non, devant devenir résiduelle car la plus toxique.

Faute de quoi nous donnons un avis défavorable à ce plan.

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